Le 14 juillet, Pontivy-Merdignac,
81km ; 216 cumulés
Au matin dans le bivouac (ça fait plus
sérieux que camping), un voisin vient me voir pour parler de la
remorque. Lui même a un tricycle couché.
Il me montre ses plans de voyage ,
il voyage avec sa famille, ils sont 4-5 et il y a aussi des enfants.
Il passe son hiver sur internet à planifier son voyage. C'est chiadé
aux petits oignons.
Il m'aide à franchir la passerelle ;
en effet, pour accéder au camping, côté routards, s'entend, il
faut franchir une passerelle et ma remorque ne passe pas. Hier, un
autre homme qui passait par là m'avait aidé à la manœuvre. Tout
son groupe est prêt à partir lorsque je prends le route et il me
faut poser pour la photo. D'ici que Babel soit célèbre dans toute
la Bretagne...
L'itinéraire du jour n'est pas trop
défini. Je crains qu'en allant jusqu'au lac de
Guerlédan il ne me reste suffisamment de temps pour aller à Paris le 21,
récupérer Hélèna qui revient de Norvège. Du coup je prends
l'option Mur de Bretagne. Cela veut dire deux choses : s'enfiler
le fameux mur, comme les coureurs du tour de France quelques jours
avant moi, et tracer mon propre itinéraire au lieu de suivre
systématiquement une voie verte. Mais je peux profiter de quelques
kilomètres de halage et de plat. Nombreux sont les bâtiments liés
à l'activité du canal qui sont à l'abandon.
Je sors donc du chemin de halage à St
Aignan et rejoins la route de Mur. Et quel mur !!
Mais j'y parviens non pas à la force
du poignet mais des mollets. Quoique... j'ai remarqué qu'à la longue,
mes bras fatiguent aussi car je m'appuie sur le guidon. D'ici que je
parvienne à faire des pompes un de ces jours... C'est un de mes
rêves secrets !
A partir de Mur, une ancienne voie de
chemin de fer va jusqu'à St Meen le Grand. Je décide donc de la
prendre, elle se dirige vers l'est et c'est ce qu'il me faut. En
effet on passe devant des gares, comme celle-ci,
qui est rénovée et je suppose
utilisée comme salle communale ou autre. C'est près de là que je
déjeune au bord d'un étang.
Ce qui est bien avec les voies ferrées,
c'est qu'elles ne montent pas trop rudement. Par contre elles montent
quand même. Le paysage est vallonné et on a des vues lointaines, à
la différence du chemin de halage.
et le paysage est varié
Dans une descente, je vois ce veau
couché
Je me demande bien ce qu'il fait là. A
quelques dizaine de mètres, je croise une petite route qui passe
devant une ferme. Je m'y dirige pour avertir. Un jeune homme sortait
de la cour, je m'adresse à lui et il se cache dans un buisson.
Bizarre....
Puis je vois un homme plus âgé et je
lui dis. Il me remercie et dit qu'il va s'en occuper. Il n'avait pas
l'air trop surpris, j'en conclus qu'il s'agissait d'un veau fugueur.
Peu après, je m'arrête à Loudéac. Un lendemain de bal, plus un jour férié, vous pouvez imaginer la langueur de la ville. A tel point que j'ai du mal à trouver un troquet ouvert. Je dois demander à une grappe de jeunes qui s'emm... apparemment, sauf un qui est en grande discussion avec un prêtre. Ca parle Islam versus Christianité. Ils n'ont pas l'air tout-à-fait d'accord pour le moins.
Ca monte et ça descend et ça remonte.
Quand je vois de éoliennes, je sais que je suis près du haut et
qu'une descente se profile. Les descentes sont vraiment agréables et
les montées faisables.
Mon répertoire de chansons est adapté
au terrain. Quand ça monte, c'est « il pleut sur Nantes »
et d'autres chansons très gaies de Barbara ! Ou alors celle du roi Renaud qui porte ses tripes dans ses mains, pas mal non plus pour tirer des larmes à Margoton.
Quand ça descend, « c'est un
fameux trois mâts ».
J'affronte les dangers sans frémir
Mais le paysage est joli
et permet des pauses agréables
Cela ne se voit pas sur la photo mais
le revêtement est assez poussiéreux.
Les parfums sont un des charmes du
voyage à vélo, comme ici un châtaignier en fleur.
ou la découverte de jardins comme je
les aime : un peu sauvage.
Je suis dans les côtes d'Armor depuis
un moment et ce sont bien des maisons bretonnes en granit.
Rien à voir avec les maisons du pays
de Redon qui sont en schiste.
Une surprise dans un arbre : on
dirait qu'un éléphant s'est trouvé pris dans l'arbre. Il y en a un
autre près de chez moi et je me raconte une histoire d'amour
contrarié entre deux éléphants et d'un mauvais sort qui les a, non
pas pétrifiés, mais arbrifiés, éloignés l'un de l'autre.
Il est tard : 20h et la lumière
est belle.
Et j'arrive au camping, après 81 km !
Je comptais ne pas dépasser 50 km par jour. Et bien c'est raté. Par
contre je suis surprise de ne pas être épuisée.
Mes sacoches attestent de la poussière
du chemin. Elles sont un peu farinées.
Le camping fait partie d'une base de
loisir, près d'un étang. Il faut une carte avec un code pour y
pénétrer. On me dit que l'accueil, plus loin à la base de loisir,
est fermé. Je demande donc à un couple de mobilhomeurs de m'ouvrir.
Ils refusent et m'expliquent qu'on peut entrer plus loin par un
défaut dans les clôture etc.... Bullshit, comme on dit au farwest.
Je vais donc voir à l'accueil et c'est
bien fermé mais il y a un bar ouvert dans la base de loisir, dans le
même bâtiment que l'accueil et on me donne une carte.
J'ai un peu de mal pour l'utiliser, car
le cherche une fente pour la mettre, genre péage d'autoroute mais en
fait il suffit de la présenter, comme un code barre. C'est moderne
tout plein, mais j'ai hâte de m'installer. L'installation est routinière: la tente, puis enlever et vider les sacoches, le dîner, la douche, une promenade avec Babel, le compte-rendu du jour et le chargement des photos et au lit.


















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